Résumés par auteur > Bouchat Pierre

Lorsque la psychologie cognitive s'intéresse au décret Missions: constats et recommandations
Serge Dupont  2, 1@  , Pierre Bouchat  1@  
2 : Haute Ecole Galilée
1 : UCL

La communauté française de Belgique a posé, lors du vote du décret « Missions », des choix pédagogiques en faveur de l'approche par compétence, de la pédagogie de la découverte ou socioconstructiviste et de la différenciation. Ces nouvelles orientations visaient à répondre à des problématiques bien réelles : des élèves qui oublient une grande partie des connaissances transmises par les professeurs ; des élèves incapables de mobiliser celles-ci dans de nouvelles situations ; des élèves confinés dans une posture de récipient passif ; des écarts de performance importants entre les élèves favorisés et défavorisés (Crahay, 2006 ; Romainville, 2006). La réponse se trouvait dans des pédagogies qui placent l'élève dans des situations où il mobilise ses connaissances, émet des hypothèses, découvre par lui-même ou en petits groupes et qui, en outre, étaient attentives aux spécificités de chaque élève : son rythme, son intelligence propre, son style d'apprentissage, ses intérêts (Crahay, 2006 ; Romainville, 2006 ; Perrenoud, 1997). Ces orientations pédagogiques étaient par ailleurs séduisantes : elles répondent à l'idée que l'on se fait d'un citoyen actif qui pose des questions et développe un esprit critique.

Ces choix étaient-ils corrects ? A l'époque, on pouvait le penser. Cependant, depuis une dizaine d'années, des travaux de synthèse conséquents en psychologie cognitive viennent questionner ces orientations pédagogiques. L'objectif de cet présentation est d'examiner, au regard des récentes recherches, l'approche par compétence, la pédagogie de la découverte et enfin la différenciation. La présentation se divise en trois sections, une pour chaque approche pédagogique. A chaque fois, nous nous posons deux questions : Quelle est l'influence de l'approche sur l'apprentissage ? Quelle est l'influence de l'approche sur les performances des élèves les plus faibles, souvent originaires de milieux défavorisés ? Pour répondre à ces questions, nous nous appuyons sur de récentes méta-analyses (dès que c'est possible), des revues de la littérature ou des études expérimentales. 

Notre constat est que (1) rien de prouve la plus-value de telles approches ; (2) leur application naïve risque d'abaisser le niveau général des élèves et (3) d'augmenter les écarts de performance entre les élèves favorisés et défavorisés. Dans la discussion, nous analysons, au regard des recherches mentionnées, les résultats de la dernière étude PIRLS et nous examinons certaines propositions présentes dans l'avis central n°3 du pacte pour un enseignement d'excellence.


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